La Prophétie des Magicyans

La Prophétie des Magicyans, d'Hélène Bréda

Les morts ne sont pas malheureux, ils me l'ont dit.


Autrice : Hélène Bréda
Édition : Milan
Collection : Fantastique
Genre : Fantasy
Année de sortie : 2004
Nombre de pages : 315
À partir de : 11 ans


Synopsis

Rien ni personne ne pourrait changer le destin de la princesse Zélaïvinah héritière du trône elle est, souveraine elle sera. Pourtant ce n'est pas le trône qui fascine la jeune princesse, mais l'étrange pouvoir des Magicyans, protecteurs du royaume. Et lorsqu'elle rencontre Darkan Io, chevalier magicyan, elle sait que son destin est ailleurs.



Mon avis

A priori, on aurait pu croire que ça partait mal. Très mal. Léna, en effet, est une princesse. En tant que telle, fille du Basiléus, elle doit être protégée comme sa royale famille par un Ordre très particulier de chevaliers aux pouvoirs surnaturels : les Magicyans, parmi lesquels, bien sûr, les femmes ne sont pas admises. Ainsi résumé, ce roman one-shot pourrait paraître rassembler tous les clichés sexistes auxquels on a tou-te-s été un jour confronté-e-s : la belle jeune fille en détresse, le brave et viril guerrier, l'Ordre chevalier strictement réservé au masculin.

Tout cela, c'est a priori. À la lecture, le roman révèle un personnage de petite fille au caractère bien trempé : cynique et sarcastique, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et refuse de se retrouver enfermée dans un donjon sous le regard protecteur de quiconque. Léna, elle, veut partir à l'aventure. Tout commence le jour où Darkan Io, membre éminent de l'Ordre magicyan, se présente devant le Basiléus pour affaires urgentes. Dans la salle, tandis qu'elle lit au coin du feu et dans les murmures mystiques de l'une des nombreuses langues que maîtrise déjà cette petite princesse tout juste âgée de neuf ans, un contact psychique s'établit entre Darkan et Léna. Il saisit d'emblée la puissance magique qui sourd en elle et menace sans cesse de jaillir. Bien sûr, face aux interdits de son Ordre et aux exigences auxquelles se confronte l'héritière du trône de Dragonys, Darkan refuse de prendre Léna sous son égide et de la former, fût-ce pour canaliser son pouvoir. Certes, elle a déjà une agilité certaine à l'épée grâce à ses maîtres d'escrime, mais – allons bon! – c'est une fille, et chacun sait que les femmes s'étant illégalement confrontées aux épreuves réservées aux apprentis magicyans ont connu une fin tragique.

Qu'importe, Léna l'a décidé : elle n'attendra pas sagement de devenir reine de Dragonys dans l'ennui et le mépris de ses pairs. Un soir, elle dérobe le nécessaire pour survivre au-dehors, vole un cheval dans les écuries de son père, et tranche sa chevelure à l'aide de son épée. Voilà la petite princesse travestie en garçon, s'élançant sur les routes pour rejoindre le monastère servant de lieu de formation aux apprentis magicyans. Au travers d'un roman écrit dans la pure tradition fantasy, Hélène Bréda pose la question des clivages sociaux liés aux genres et s'essaie à l'écriture anti-sexiste. Elle offre aux enfants, petites filles et petits garçons, une réflexion profonde sur les stéréotypes enracinés et inconscients, et leur offre un modèle à part, dont les valeurs, les qualités et les défauts ne sont ni féminins, ni masculins, mais humains. Ici, pas d'intérêts amoureux, seulement des combats, des épreuves, et des relations d'amitié incorruptibles.

Une héroïne kickass qui saura ravir les fans de fantasy !



Rencontres - 2 Novembre 2016

affiche réalisée à partir de la planche de Diglee citée ci-dessous

Mercredi 2 Novembre, nous recevons encore trois intervenant-e-s pour la Table ronde « Corps et canons esthétiques. Expressions de la féminité et de la masculinité ». Chercheurs-euses en formation et/ou professionnel-le-s du livre, ces expert-e-s nous parleront de leur rapport aux stéréotypes liés aux genres dans les représentations qui en sont faites : littérature de jeunesse, illustration, bande dessinée, quel est le poids des diktats sociaux dans les choix éditoriaux et à quel point les auteur-e-s y sont soumis ? En quoi sont-ielles, enfin, les clés de voûte dans la construction des schémas enracinés dans la tête des jeunes et des moins jeunes ? 


Portraits